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Ses dernières vendanges furent celles de 1992, à la veille de ses 90 ans. C'était une homme étonnant, qui avait plusieurs fois changé le cours des choses dans le vignoble bourgignon. Originaire d'un petit village de la Vienne, rien ne destinait ce fils de modestes paysans à devenir l'un des oracles du vin de Bourgogne. Diplômé de l'agro, second de sa promotion, il bénéficia d'une bourse au titre d'ingénieur-élève. En contrepartie, il consacra les neuf années qui suivirent au service de l'état. Dans les années 20 et 30, il dirige les services agricoles des Landes et du loir-et-cher. On dirait aujourd'hui D.D.A. Il fait ensuite une longue carrière aux potasses d'Alsace, conseille les Graines Truffaut, gère d'immenses vignobles à Meknès, garde ses entrées rue de Varenne où, depuis le Petit Père Queuille et jusqu'à M. jacques Chirac, il fera sur bien des dossiers la pluie et le beau temps. N'etait-il pas Inspecteur Général de l'Agriculture, Président de l'Académie d'Agriculture ? |
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A Paris, il connut et épouse une jeune femme dont la famille possédait un domaine viticole à Corgoloin dupuis le XVIIème siècle. C'est ainsi que Lucien Audidier entra au Domaine de la Poulette, qui se trouvait, il faut le reconnaître, dans un facheux état. Son beau-père, M. Maitrot, pourtant était agronome savant - il dirigea entre autres l'Ecole supérieure du génie rural - mais au domaine, il ne s'était que médiocrement intéressé.
Durant la guerre, il rachète les vignes du Domaine de la Poulette, les associe aux Côte de Nuits Villages de sa belle famille Maitrot et entreprend de reconstituer le domaine ancestral qui devint l'un des mieux tenus de la Cote. |
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